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L'Histoire derrière l'image - Instagram vs Réalité

28 Nov 2017

 

À chaque jour, nous sommes bombardés d’images des quatre coins du globes. Des lieux isolés, quasi irréels, qui font voguer notre esprit vers le pays imaginaire. Plus souvent qu’autrement, ces images donnent l’impression qu’une fois à cet endroit, vous êtes seul au monde…

 

Elles vendent du rêve. Je vous vends du rêve.

 

Dans le grand nord de la Norvège, au-delà du cercle arctique, on y trouve un petit archipel d’environ cent kilomètres: les Lofoten. Au bord de l’océan, d’abruptes pics rocheux y dessinent ce décor particulier. Pour le village de Hamnøy, ces petites maisonnées de pêcheur rouges sont ce que le Château Frontenac est au Québec. Un lieu iconique, un emblème à cette région inhospitalière.

 

Qu’en est-il de la réalité de ces lieux si reculés ?

Comme photographe, j’ai fait mes devoirs durant ce séjour. Je me suis informé sur les heures du lever et coucher du soleil, cibler les lieux propices pour ces moments et planifié mes déplacements en conséquence. Je savais qu’à cet endroit, si les conditions météo le permettent, le lever du soleil allait peindre de rose et de rouge ces parois de roche. Une image à faire rêver.

 

À ma première tentative, le ciel devant moi est parsemé de nuages. Le vent semble vouloir les disperser mais une importante bande de nuage cache le soleil à l’horizon derrière moi. Quelques nuages se teintent d’une douce couleur rosée, mais sans plus. J’allais revenir.

 

Ma deuxième tentative s’annonce guère mieux. Ciel couvert, brume épaisse, je peine à distinguer le rouge des maisons devant moi. C’est un échec.

 

À ce moment, j’étais en dilemme à savoir si je m’essayais pour un troisième matin. Dans un endroit comme celui-ci où chaque jour on souhaite vendre un rein pour être en mesure d’y rester une semaine de plus, le temps est d’une certaine façon compté. Chaque décision devient importante.

 

Être photographe de plein-air, c’est comme le «gambling». Parfois tu gagnes, parfois tu perds. Mais si tu ne joues pas, tu ne gagneras jamais. Il faut se rendre à destination, mais par la suite, tout dépend de Dame Nature. Déterminé à avoir une belle photo de cet endroit, je décide d’y retourner pour un troisième matin. Les conditions sont idéales. L’horizon est dégagé, de jolis nuages se promènent dans le ciel... Au moment où le soleil traverse l’océan, la magie s'installe. La montagne s'illumine, le ciel brille, seul le déclenchement de mon appareil semble briser ce silence. 

 

Malgré les différentes ambiances, ces trois matins partageaient toutefois un point commun. C’était un moment privilégié entre moi, dame nature et… 20 autres photographes. Pour avoir le meilleur angle de vue, il faut arriver tôt. Très tôt. Il est important aussi de bien choisir son endroit puisqu’une fois le trépied installé, ta place vaut de l’or. Puis si tu changes, n’espère pas revenir où tu étais installé. Quelqu’un a déjà pris la place. Les photographes arrivent en mini-fourgonnettes par groupes de cinq, six ou sept. Cordé sur l’étroit trottoir d’un pont, les trépieds se chevauchent et tous, comme moi, espère ce moment magique…

 

Instagram est beau. Instagram n’est pas toujours la réalité. Cette petite anecdote de mon expérience dans les Lofoten montre comment nos attentes peuvent parfois être bien différentes de la réalité. Mais ceci n’est qu’un détail. Après tout, nous étions tous sur ce pont dans un but commun, à créer l’image qui allait en faire rêver d’autres…

 

 

Matin #1

 Matin #3

 

Backstage matin #1

 

 

 

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