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L'histoire derrière l'image - Islande, glaciers et baignade

30 Oct 2017

C’est toujours excitant de préparer un nouveau voyage. On passe alors plusieurs heures à lire sur le pays où vont fouler nos pas dans les prochains mois. On cherche les lieux intéressants à visiter et les activités qui vont constituer une future « To Do List ». Pour ce voyage en Islande, l’une des activités qui se tenait tout en haut de la liste était de sauter dans l’eau avec les glaciers. J’avais déjà vue quelques photos de ce genre et chaque fois je me disais : « Ein ! Malade ! Je veux essayer ça aussi !! »

Nous répétions constamment que nous ne voulions pas voir l’Islande mais bien vivre l’Islande. Il s’agissait d’une nuance très importante pour nous. Sur cette terre de glace et de feu, cette baignade est l’occasion d’une connexion directe avec cet élément. Une voiture nous embarque enfin vers notre prochaine destination. J’attendais impatiemment cette visite de Jokülsarlon, endroit reconnu dans le pays pour ces immenses blocs de glace à la dérive. J’avais réussi à convaincre Christophe qu’il se devait lui aussi de faire le grand saut.

 

Nous sommes le 20 mai, le temps est gris et comme à son habitude, venteux. À quelques pas de l’eau, nous échangeons un regard avec une soudaine hésitation à retirer nos vêtements. Le temps froid nous rappelle que finalement, nous sommes bien dans nos couches de vêtements! Nous revenons finalement à la raison et Christophe se décide à plonger en premier. Pendant que j’installe la camera, Christophe retire lentement chaque pièce de vêtement sous le regard curieux des touristes bien au chaud dans leur manteau. Du moment qu’il est prêt, Christophe s’élance sans hésiter sous une rafale de photos. En moins de deux, il sort de l’eau. Je ferme alors la caméra et je m’empresse de lui tendre une serviette.

 

Une fois habillé, j’explique alors à Christophe comment faire les photos. L’appareil est monté sur trépied, les réglages sont prêts, je lui explique qu’il suffit seulement de maintenir le déclencheur enfoncé pour faire une série d’images en rafale. C’est à mon tour de me dévêtir et de plonger. Du moment que mes pieds sont dans l’eau, je ressens le froid monté tout au long de mon corps. J’effectue quelques enjambés rapides puis d’un bond je m’élance en plongeant vers l’avant.

 

À l’instant précis où ma tête entre dans l’eau, un froid glacial parcours mon corps en entier et tous mes muscles se contractent. Par protection, mon esprit se met instinctivement en mode survie et je me débats pour tenter de sortir de l’eau le plus rapidement possible. Je tente de toucher le fond avec mes mains mais je n’y parviens pas. Avais-je plongé trop loin et je ne touchais plus le fond? Comment allais-je sortir de là, moi qui est un horrible nageur ?  Le choc thermique que je vis me désoriente complètement. Alors que je continue de me débattre à l’horizontal pour me sortir de cette situation, ma conscience reprend le dessus. En fait, je réalise que je peux sans problème me lever debout. Sous la panique du moment, cette simple option ne m’avait jamais traversé l’esprit.  Finalement, je ne suis que dans trois pieds d’eau!

Je sors finalement de l’eau et je regarde Christophe. Avec un regard de culpabilité, il me dit : «Dave, rien n’a fonctionné. J’appuyais, mais ça prenait pas de photos…».

 

Lorsque Christophe est sortie de l’eau, je me suis souvenu avoir fermé l’appareil, mais je ne l’ai pas ouvert par la suite. N’étant pas photographe, il ne pouvait absolument pas savoir que l’appareil était fermé.

 

Christophe : « Je suis désolé mon gars »

David : « Tu pouvais pas savoir, c’est moi qui aurait dû regarder »

Christophe : «Que vas-tu faire? »

Sans hésité, j’ai ouvert l’appareil et je lui ai dis que j’y retourne !!

 

Ce genre de situation m’amuse beaucoup puisque j’en retire chaque fois une certaine sagesse. Que ce soit de grands projets ou de petits moments comme celui-ci, sortir de sa zone de confort n’est pas seulement de se retrouver physiquement dans une situation inhabituelle. C’est également apprendre à confronter son propre mental pour le mettre dans des contextes nouveaux. Lorsqu’on ose de cette façon, on en ressort inévitablement grandi de cette expérience. Souvenez-vous, la magie commence toujours là où la zone de confort se termine!

 

P.S. C'est la raison pour laquelle mes boxer sont déjà mouillé sur la photo, j'en étais à ma deuxième baignade ;)

 

 

 

 

 

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